Est-il intéressant économiquement de couper le chauffage quand vous vous absentez de chez vous ?

 et si oui, jusqu’à quelle température et sur quelle durée ?

 

Je m’étais posé la question il y a quelques années et j’ai effectué des essais et des mesures très longues (sur plusieurs années) et très précises.

J’ai obtenu une réponse parfaitement claire.

(et que l’on trouve nulle part !)

 

 

La mesure est facilité avec un chauffage électrique.

Je l’ai équipé d’un compteur électrique indépendant (ancien compteur EDF)

On se rend vite à l’évidence que le paramètre primordial sur la consommation est la température extérieure.

J’ai donc tracé une courbe avec un relevé par jour de la consommation du chauffage en fonction de la température extérieur moyenne pour une température intérieure fixe (par exemple 20°C).

 

Evidemment on observe d’abord des valeurs très variables car cela va dépendre d’une multitude d’autres facteurs (que je notais également) comme l’ouverture des portes et fenêtres, l’ensoleillement, le vent, la fermeture ou non des volets, la ventilation, l’utilisation d’autres sources de chaleur comme TV, four, cuisinière, éclairage, nombre de personnes et toute la façon de vivre dans la maison.

 

Mais tout ces paramètres jouent au second degré par rapport à la température extérieure.

Cela se traduit par des points un peu aléatoires sur le graphique, mais en poursuivant l’expérience assez longtemps et surtout dans une large gamme de température extérieure on s’aperçoit que ces points sont en moyenne bien alignés suivant une droite.

 

Cela permet d’obtenir une valeur, en watts par degrés, caractéristique d’une habitation donnée pour une température moyenne intérieure donnée.

 

Chez moi, pour 20°C intérieur moyen, cette valeur est d’environ  170 W/°C.

(pavillon mitoyen construit en 1988, bien isolé, avec VMC simple flux)

 

Il s’agit de la différence par rapport à 20°C, soit par exemple :

 

- si 20°C extérieurs = 0 watt consommé.

- si 8°C extérieur (différence = 12°C) = 12*170 = 2.04 Kw

- si –10°C extérieur (différence = 30°C) = 30*170 = 5.1 Kw

 etc…

Que l’on peut d’ailleurs traduire directement en X €/°C/jour au prix moyen actuel du Kw.h.

(à noter que le Kw.h que nous fait payer EDF est illégal ; la seule unité légale d’énergie est le Joule. 1 Kw.h = 3600 KJ)

 

Autre intérêt, sachant que je dispose de 11 Kw de radiateurs, je sais que je peux me chauffer à 20°C moyen jusqu'à une température extérieure de –45°C  (différence de température = 11000/170 = 65°C, soit –45°C extérieur)

Dans ce cas, les radiateurs seront bien sûr en marche permanente, mais c’est rassurant !

 

A partir de là , il est facile, à condition de faire des mesures assez longues, de voir comment évolue cette valeur en fonction des mises en marche et des arrêts du chauffage pendant les absences.

Avec un thermostat programmeur général j’ai fait varier, d’une part la durée et d’autre part la valeur à laquelle était abaissée la température.

Mais en ayant toujours fait revenir la température à 20°C quand je rentre chez moi, en remettant le chauffage en route à l’avance.

Il est bien évident que si vous vous chauffez moins vous consommez moins ! là n’était pas le but de l’expérience.

Mon critère est toujours 20°C quand je suis dans la maison, y compris quand j’y rentre.

 

Il est apparut d’une façon claire et irréfutable que plus on coupe moins on consomme.

 

Donc dire qu’il ne faut pas trop baisser sinon on perdra plus pour revenir à 20°C est une erreur du point de vue strictement économique.

 

Par contre on met dans ce cas en évidence une notion de confort fondamentale qui dit qu’il vaut  mieux être dans un air froid entre des murs chauds que dans un air chaud entre des murs froids (la notion de chaud et froid étant ici relative).

 

Si vous coupez trop le chauffage, à votre retour il sera très désagréable, même si l’air est à 20°C de vous trouver dans une ambiance où les murs de la maison sont à une température même légèrement plus basse (rayonnement froid)

Mais ici c’est une question subjective et personnelle soumise à votre seul appréciation.

Les watts et le thermomètre n’y peuvent plus rien !

 

En conclusion pour économiser, coupez le plus possible en votre absence, mais ce sera inconfortable au retour.

Le compromis à trouver n’est pas économique mais subjectif et personnel, donc non déterminable par la science et le calcul.

 

MM.